Le GTVO raconté par Pierre LARRIEU

Le Grand Trail de la Vallée d’Ossau (GTVO) 

          Il est 4h30 et me voilà dans le sas de départ. C’est le moment tant attendu et redouté. Premier dossard après plus de 8 mois d’attente dû aux annulations diverses. Ma réputation de chat noir va enfin disparaître. Je suis entouré des givrés. Je parle là évidemment des coureurs de mon club des Givrés de la plaine de Nay. Je me garderai bien de porter un jugement sur la santé mentale des participants à une telle course. D’ailleurs, un fou peut-il juger d’autres fous ?

          Les conversations tournent autour de la forme du jour, de l’objectif de temps. Ceux qui l’ont déjà fait conseillent d’arriver en forme au pied du Rey. C’est pile poil à mi-chemin et une fois franchi cette montée de 1000 mètre de D+ sur 4 km, le plus gros est fait. La descente qui suit pour arriver à port de Castets est délicate mais laisse entrevoir une belle arrivée jusqu’à Laruns. J’ai dû faire cette partie une vingtaine de fois en un peu plus d’un an donc je connais bien la montée et les endroits délicats de la descente. En suivant leur conseil, je sais que ça passera plutôt bien.

          L’ambiance monte petit à petit. Une chanson d’AC/DC fait monter en pression. Puis le décompte arrive 🔟9️⃣8️⃣7️⃣6️⃣5️⃣ . Mais stop, arrêtons-nous un instant et rembobinons ⏮⏮⏮ le cour de l’histoire car une course ne démarre jamais au moment du signal de départ mais bien en amont.

          Pour moi, tout a commencé le 20 Octobre 2018 au lendemain de la Mascareignes avec l’idée de courir la diagonale des fous 🤪🤪🤪l’année de mes 40 ans. Au delà de la symbolique de le faire pour marquer le passage à une nouvelle dizaine comme ce fût le cas avec le marathon de New-York 🏃‍♂️🏃‍♀️ pour mes 30 ans, les 3 ans séparant cette date de celle de la course en Octobre 2021 étaient plus que nécessaires. 

          Premièrement parce que l’année 2019 a été remplie par une opération du pied, un déménagement et un changement de travail. Ensuite car il faut une augmentation progressive et graduelle de la charge d’entraînement avec des séances spécifiques comme courir de nuit. Et aussi car pour s’inscrire à un trail de 165km et 10 000 mètres de D+ il faut des points qualificatifs. 

          Pour s’inscrire à La Diagonale des fous 🌋, il faut justifier d’avoir terminé 2 trails donnant au moins 85 points chacun entre le 01/01/19 et le 31/07/21. Pour faire simple, un trail de 64 km et 3500 mètres de D+ donne 64 + 35 points soit un total de 90 points. Donc il en faut 2 de ce style. Désolé de cette partie mathématique 🤯 un peu rébarbative mais néanmoins nécessaire pour comprendre la suite.  

          Fin 2019, je planifie donc de m’inscrire pour le GTVO qui se déroulera en Juillet 2020 (74km et 5000 D+ soit 124 points) et le grand trail des templiers qui se déroulera en Octobre 2020 (80km et 3500 D+ soit 115 points). 

          Sauf que le GTVO 2020 a été annulé pour cause de Covid et le trail des templiers à cause d’un orage. Cette dernière annulation a conforté ma réputation de chat noir. Il faut savoir que le grand trail des templiers n’est qu’une des 12 courses organisées en ce week-end d’Octobre. Du Jeudi jusqu’au Samedi toutes les courses ont eu lieu avec de bonnes conditions climatiques. Il y avait beaucoup de coureur du club inscrits sur les différentes courses. On était une petite dizaine à être inscrit sur le grand trail. On est arrivé sur place le Vendredi en fin d’après-midi pour récupérer les dossards et encourager ceux qui couraient le Samedi. La journée s’est déroulée dans une ambiance festive. 

          Et le Samedi à minuit, alors que l’on partait à 5h 🌄 le Dimanche, on a reçu un texto de l’organisation qui annulait le départ car des orages violents étaient prévus…Me voici donc fin Octobre 2020 avec l’impossibilité d’avoir les points et l’entrainement pour faire la diagonale des fous. Et une réputation de chat noir.  

          Quand les courses sont annulées pour des circonstances exceptionnelles, on peut soit être remboursé soit reporter son inscription. Pour le grand trail des templiers, je me suis juste fait rembourser puisque, partant quand même à la Réunion 🌋 en Octobre 2021, je ne serais pas là le week-end de la course. Mais pour le GTVO, j’ai simplement fait un report. 

          Le problème des reports c’est que vous les faites en Janvier pour une  course qui a lieu 7 mois plus tard et que c’est un simple clic sur un mail. Autant dire que à la reprise des entraînements au club en Avril 2021, je n’avais plus en tête mon inscription au GTVO. Les autres en discutaient et ça m’a fait tilt. Je leur ai dit qu’il me semblait que j’étais inscrit. La trésorière m’a effectivement confirmé qu’elle avait vu mon nom. 

          Une fois passé le petit moment de panique 😳😱, est venu le moment de planifier l’entraînement en 2 gros bloc de travail. Pour finaliser une préparation, 2 mois sont suffisants à condition d’avoir maintenu un entraînement de fond. Donc j’étais dans les temps. En plus, je pouvais profiter du week-end de mon anniversaire 🎂🥂 en famille mi-mai et commencer la préparation ensuite. Parfait. 

          J’ai essayé de ne rien laisser aux hasards et j’ai travaillé sur 3 grandes choses durant ces 2 blocs : la condition physique, le matériel et l’alimentation. J’ai aussi essayé de travailler sur l’acclimatation à la chaleur car le 10 juillet il peut faire très chaud 🥵 même en altitude. La pluie 🌧 ou le froid 🥶 ne me dérange pas donc ça n’était pas un point spécifique pour moi. 

          Pour la condition physique, je me suis notamment servi de 4 jours de repos consécutif. Chaque jour, j’ai fait des séances assez courtes d’environ 20km et 1200 mètres de D+ soit un total de 80km et 5000 D+. Durant ce premier bloc de travail, j’ai reconnu certaine partie du parcours comme la première montée vers le col d’Arriutort ⛰, la dernière descente depuis le col d’Aubisque ⛰ et celle qui arrive à Louvie-Jouzon avant de remonter sur le Rey. C’est toujours rassurant de connaître un peu où on met les pieds. 

          J’en ai aussi profité pour essayer de progresser en descente ou sur des parties techniques. Depuis que je fais du trail c’est mon point faible. Je peux y perdre beaucoup de temps, d’énergie et ceux que j’ai doublé en montée me rattrape à ce moment-là. 

          A la fin de ce bloc de travail une évidence s’est imposée : je suis toujours aussi mauvais en descente mais j’arrive à être plus souple et détendu donc à y laisser moins d’énergie. Pour une course aussi longue ayant 5000 mètres ⛰ de dénivelés à descendre c’est plutôt rassurant. 

          Après un peu de repos, j’ai attaqué un deuxième bloc de travail. Le but de ce bloc était de finir par une sortie longue représentant à peu près les 2/3 de la course (soit 50km et 3200 D+ en une dizaine d’heure dans ce cas-là) environ 3 semaines avant le départ pour voir où j’en étais. 

          Je me suis demandé s’il valait mieux faire une grande partie du parcours ou faire des boucles plus petites. La météo pour ce jour-là prévoyait de grosses chaleurs. Parfait pour l’acclimatation mais difficile de porter suffisamment d’eau pour 10 heures sous 30°C. 

          J’ai donc choisi un entrainement en boucle pour repasser à ma voiture et recharger mes gourdes en eau. J’ai fini les 46 km et 3300 D+ un peu fatigué mais heureux car la plus grosse partie de la préparation était faite. Je n’avais aucune blessure de frottement donc j’ai pu valider le choix de la casquette, des lunettes, du tee-shirt, du short, du slip (et oui même ça se prévoit), des chaussettes et des chaussures. J’ai aussi pu vérifier que ma montre avait assez d’autonomie pour durer le temps de la course. 

          Pour ce qui est de l’alimentation, je me suis fabriqué mes propres barres de céréales à base de miel, de noisettes, d’abricots sec et de flocon d’avoine. Lors d’une course il y a évidemment de nombreux ravitaillements mais on ne sait jamais quand on aura un coup de fringale et il est plus prudent, pour éviter des désordres gastriques, de manger des produits habituels. 

          Par souci du détail poussé à l’extrême, j’ai même testé que je pouvais mettre jusqu’à 3 barres par pochette dans les bretelles de mon sac à dos. J’ai donc séparé mes 15 barres (attention retour des maths) en 5 poches à congélation de 3 barres ce qui m’a permis le jour de la course d’avoir juste à remplacer une poche vide par une pleine. Dans mon cas, ces petits détails permettent d’avoir un esprit plus libéré le jour de la course. 

          Je vous épargne le récit de la semaine de repos avant la course et nous revoici donc au moment du départ 4️⃣3️⃣2️⃣1️⃣ c’est parti. 

          Le départ se fait depuis la place de la mairie au cœur du village (l’arrivée aussi mais environ 16 heures plus tard, nous en reparlerons). La route est en légère descente et je me mets à courir. Il y a un virage sur la droite, un peu de plat puis la route remonte le long d’une rivière asséchée. Pour le retour on passera d’ailleurs par la route de l’autre côté. Un feu d’artifice est tiré à notre passage. La température est clémente.

          La route se termine et on attaque la montée vers le col d’Arriutort. Les conversations s’arrêtent, le rythme ralenti et tout le monde se met à marcher en file indienne. J’ai la chanson de Peter pan qui me vient en tête : « A la file indienne, indienne, indienne… » Certain double par les côtés mais au bout d’un moment chacun suit le rythme de celui qui le précède.     

          La course est encore longue et il ne sert à rien de se fatiguer maintenant. Il faut arriver en forme au Rey. La montée est longue de presque 7 km et lorsque je me retourne on peut voir la lumière des frontales de ce qui sont un peu plus bas dans la pente. 

          Le jour se lève et j’arrive à la cabane d’Arriutort. C’est un premier ravitaillement en eau où les bénévoles frigorifiés ont fait un feu de bois. Je m’arrête juste pour ranger ma frontale dans le sac. La vue est magnifique, on peut apercevoir en contrebas une mer de nuages. 

          Passer le col d’Arriutort, on bifurque sur la gauche et les petits sentiers que l’on avait jusqu’à présent se transforme en pierrier. Autant dire que mon travail sur la souplesse et l’économie d’énergie s’envole un peu. Je me crispe, fait bouchon par rapport aux coureurs qui arrivent derrière moi. Je m’énerve encore plus de les bloquer, essaye de les laisser passer dès que je peux.

          Sur ce faux rythme, j’arrive tant bien que mal au ravitaillement à la cabane de Lauda. Je mange des biscuits salés, boit de l’eau gazeuse et fait remplir mes gourdes. Les bénévoles chantent et rigolent, ça remet du baume au cœur. On repart par un sentier qui monte légèrement. Je décide de partir en trottinant. 

          Mais dès les premiers mètres, je sens mon quadriceps gauche qui se contracte et je suis au bord de la crampe. Je viens de passer le ravitaillement du 16ème kilomètres. Il en reste presque 60… J’évite de paniquer et je me mets à marcher. Je réalise que le bénévole n’a presque rien versé dans mes gourdes. En fait, elles étaient encore quasiment pleines ce qui veut dire qu’en 3 heures de courses j’ai très peu bu. 

          Seulement 2 jours après, j’ai peu de souvenir des 7 km de descentes jusqu’à la cabane de Houndas. J’étais concentré sur la gestion de mes crampes. C’est dans cette descente qu’on est arrivé dans le brouillard. On peut dire qu’à ce moment-là je suis dans le brouillard au sens propre comme au figuré. 

          L’avantage de la cabane de Houndas est qu’elle se situe au plateau du Bénou, lieu facilement accessible en voiture et donc pour le public. Quand on n’est pas au mieux, rien ne vaut les encouragements des spectateurs. 👏🏼🙌👏🏼🙌

          Donc un peu regonflé par les spectateurs et par le ravitaillement, j’attaque la montée vers Lazerque entouré par le brouillard : 5km pour 915 mètres de D+. Le brouillard a 2 intérêts dans cette montée (et d’ailleurs dans toutes celles qu’il y aura jusqu’à l’arrivée) : la fraicheur et de masquer le sommet. 

          Tout se passe bien jusqu’au coup de cul des 50 derniers mètres avant de basculer dans la descente. Bam, la crampe arrive. 

          Petit point route pour resituer le contexte : je suis au km 30, il y a 8 km de descente jusqu’à Louvie-Juzon qui est la mi-course où, rappelez-vous, il faut arriver frais… 

          Je m’assois sur le bord du chemin et commence à essayer de me masser. Les coureurs qui me dépassent me demandent si ça va car on ne laisse par un trailer sur le bas-côté. Je leur explique que ce n’est pas grave, que j’ai juste des crampes. Un me regarde et me dit : « ah oui c’est encore long, c’est pas gagné ». Je sens qu’ils pensent que je ne pourrais pas arriver au bout. C’est bien mal me connaître. Je me dis alors que la seule chose qui m’arrêtera sera la barrière horaire. J’avance et on verra bien. 

          Je gère la descente vers Louvie-Juzon comme je peux. Je l’ai faite plusieurs fois. Mais là, entre les douleurs dans les cuisses et le terrain glissant à cause de la boue, je ne peux que marcher🚶‍♂️. Même de retour sur le chemin plat en bas de la descente je ne peux plus accélérer. Il n’y a que sur le goudron arrivé à Izeste que je peux de nouveau trottiner jusqu’à Louvie-Juzon. Une énorme émotion contradictoire me submerge entre la souffrance physique et la joie d’arriver à Louvie-Juzon, premier objectif de la journée. 

          Me voilà à mi-chemin. Je voulais être en forme avant le Rey et me voilà cramé. Par contre, j’envisageai 15 heures pour la course et me voilà à mi-parcours en seulement 7 heures. 

          Il y a beaucoup de spectateurs à Louvie-Juzon notamment car c’est le lieu de relais pour ceux qui le font en duo. 👫👭👬 Le ravitaillement se fait dans la salle des fêtes donc à l’abri et au calme. Je croise le président du club qui me fait un topo sur les autres givrés en course avec un à la 5ème place, un autre qui a abandonné etc. et je lui parle de mes crampes. Il me dit tout simplement qu’il faut que je boive plus. Je réalise soudain que je n’ai toujours pas bu beaucoup entre les ravitaillements. 

          Durant les entrainements, je pensais à boire et du coup je devais faire une pause pipi régulièrement, preuve que j’étais bien hydraté. Là, en quasiment 7h de course je n’ai pas eu envie une seule fois. Quel idiot. 😜 On a beau tout prévoir, le jour de la course reste particulier et on en oublie presque les bases. 

          Je prends donc mon temps pour me ravitailler à Louvie-Juzon, quasiment 20 minutes. Je suis rassuré par le fait de bien connaître la montée du Rey qui arrive et, qu’en buvant correctement, tout devrait bien se passer à partir de maintenant, surtout qu’il ne fait toujours pas chaud. 

          J’attaque la montée tranquillement en connaissant presque chaque virage, chaque caillou, chaque passage par cœur, en anticipant les endroits qui devraient être plus boueux, ceux plus plat qui devraient me permettre de récupérer. Sauf que c’est quand on s’y attend le moins que les surprises arrivent.

          La veille au briefing de course, l’organisateur a dit de bien suivre le balisage dans le Rey car le GTVO passe par le sentier ancestral. Et là, ça prend tout son sens. On oublie le sentier bien connu avec les lacets pour traverser la pente. Le sentier ancestral tape tout droit dans la pente. Du coup, après avoir traversé les fougères, on se retrouve devant des blocs de pierres. Mais ils ont tout de même eu la délicatesse d’installer une corde pour nous aider à grimper. 

          Une fois arriver au sommet⛰, je mange une barre pour souffler un peu. Un groupe de touriste qui était là-haut, commence sa descente et je pars 2-3 minutes après eux. Par ce versant Sud, la descente est compliquée. La pente est raide au départ puis passe par les caillasses. Donc inutile de préciser que je marche, 🚶‍♂️rien de plus. Par contre, je rattrape rapidement le groupe de touriste ce qui regonfle un peu mon orgueil car après presque 9h de courses, environ 42km et 3500 mètres de D+ je suis en meilleure forme qu’eux. 

          Arrivée au ravitaillement de port de Castets, je sais que je finirai la course.  Le plus gros est fait et les contractures aux jambes 🦵🦵 ont bien diminués finalement. Le rythme forcément lent de la montée du Rey m’a été bien profitable. En plus, il y a beaucoup de spectateur autour du ravitaillement et je prends le temps de discuter avec un bénévole super sympa. Bon, la causette c’est bien mais je ne suis quand même pas au bout.

          La montée au col de Jaut ne pose pas de problème particulier malgré la fin dans un pierrier. Elle est plutôt rapide avec un type de montée régulière que j’apprécie. Je dépasse pas mal de coureur. 🏃‍♂️🏃‍♀️Par contre, le brouillard s’est densifié jusqu’à l’approche du col de Lallène. La visibilité diminue. Les organisateurs ont placé des fanions oranges 🚩🚩 tous les 50 mètres pour le balisage. D’un fanion je n’aperçois pas le suivant. J’entends les cloches des troupeaux  🐑🐄🐂autour de moi mais sans les apercevoir. Du coup,  ça crée une atmosphère un peu étrange et surréaliste. 

          Arrivée au ravitaillement du col de Lallène, en plus du brouillard, 🌫le vent s’est invité💨. Je me ravitaille rapidement pour aller franchir le col de l’Aubisque dans un brouillard toujours aussi dense. Je sens mon corps fatigué mais plus aucune contracture. La tête et le moral sont là.

 

          Je suis incapable de reconnaître le chemin que l’on emprunte. Impossible de dire 1 minute à l’avance si on va monter ou descendre tellement on est dans une purée de pois. La visibilité est quasi nulle. Après tout, il suffit d’avancer pour arriver au dernier ravitaillement. Là aussi les bénévoles sont frigorifiés🥶🥶. Ils portent les doudounes. 

          Soi-disant, il ne reste plus que 12 km de descente. Alors évidemment si on regarde un tracé, on ne fait que descendre ↘️ pour retourner sur Laruns. Mais je vous garantis que durant cette descente il y a encore quelques petits coups de cul à donner. Remarque, ça me permet de râler 😤 un peu et de plaisanter 😆 avec les coureurs qui m’entourent. 

          J’avais reconnu cette descente lors de mes 4 jours successifs d’entraînement. C’est pourtant étrange comme une petite bosse paraît anodine après 10 km mais paraît une montagne 🏞 après 70 km. Ceux qui me dépassent m’encouragent. Finalement, j’arrive au bout de la descente et retrouve le bitume au bas de Laruns. 

          Comme les organisateurs ne sont pas avare de surprise, il y en a une dernière. Arrivée dans le bas de Laruns, on remonte ↗️ par le côté gauche de la route qui borde la rivière asséchée. A environ 500 mètres de l’arrivée, il y a le pont qui permet de franchir la rivière et de passer de l’autre côté où la place de la mairie se trouve. 

          Naïf que je suis. C’est trop simple de franchir le pont. Non, à la place on descend dans le lit de la rivière, la remonte sur quelques mètres pour grimper 🧗🏻‍♀️ sur l’autre rive par une échelle de 3 mètres de haut. Heureusement, un bénévole est présent pour me guider et m’aider à assurer mes prises. 

          Une fois ce dernier obstacle franchi, il m’indique de prendre la route à droite et qu’il ne reste plus que 400 mètres. Je me remets à courir 🏃‍♂️ comme au petit matin pour enfin franchir la ligne. Quelle immense joie 😁 de recevoir les félicitations des spectateurs croisés durant ces derniers mètres. Quel indescriptible bonheur 😊 de voir deux têtes connus, aimantes et fières venus vous récupérer à l’arrivée. De penser au soutien à distance présent toute la journée. Quel plaisir d’entendre son nom donné par le speakeur. Quelle satisfaction de recevoir la médaille de finisher 🏅 d’un bénévole qui vous félicite comme si vous étiez premier 🥇. Quelle reconnaissance d’être félicité par les machines du club🏃‍♂️💪🏃‍♀️💪. Et je peux le dire, je suis fier d’être finisher du GTVO 2021 en 16h03’38 ‘’. 

Pour conclure ce récit, je reparlerais de la montée du Rey. Cette montée à quelques choses de magiques, de mythiques qui donnent toute son essence au GTVO. Elle représente ce qu’est un trail long à mon niveau et probablement l’une des raisons pour lesquelles je le fais. 

          On était un petit groupe de 6 ou 7 inconnus à monter chacun à son rythme. Parfois l’un ou l’autre s’arrêtait pour souffler un peu, manger, se reposer. Dès qu’un le croisait, il s’inquiétait de savoir si ça allait et l’encourageait. 

          Tout au long de la montée, on s’est dépassé comme ça les uns les autres pour tous arriver en haut. Chacun était fatigué, un peu en souffrance et pourtant on veillait encore les uns sur les autres. Il y avait une sorte de bienveillance entre tous malgré nos propres difficultés. L’envie de sortir ensemble de cette galère. On est tous au bout de nos forces mais on reste altruiste. 

          Ce moment-là est difficile à retranscrire, c’est juste palpable et merveilleux. 

Pierre LARRIEU “Chat Noir”   Facebook : “Pierre Petit Ruisseau”